Ce qui a déterminé les banques à s'y lancer sans retard, c'est notamment la volonté des Japonais, regroupés avec Toshiba, la banque Sumimoto, le MITI et Visa Asia de lancer un tel système en y mettant un budget substantiel évalué à 15 millions de dollars.
OBTENIR LA SECURITE MAXIMALE
L'objectif de ce consortium est d'établir une sécurité maximale (identification, confidentialité, intégrité, non répudiation) des paiements effectués sur Internet par un client au moyen de sa carte bancaire à puce, à partir d'un ordinateur personnel, équipé d'un lecteur de carte à puce.
Les banques françaises ont sur ce terrain une double avance par rapport aux banques étrangères, et notamment japonaises: d'une part, leur expérience de la carte à puce qui permet une solution simple et portable, son parc ( 15 millions en circulation en France) et enfin la modicité du sur coût du lecteur de carte intégré au PC (950 F); d'autre part, leur connaissance du commerce électronique à la française sous la forme de Facitel, lancé en 1984, et fondé sur 1'utilisation du Minitel. France Telecom se targue de 15 millions d'utilisateurs du Minitel, avec un trafic en croissance de 5% sur les échanges commerciaux. "On veut -élargir la dynamique et la rendre internationale", a indiqué Gérard Emery, directeur de la division multimédia. France Telecom.
Les tests techniques s' étaleront sur deux phases, suivant un calendrier pragmatique. Première phase: le consortium validera la sécurité des paiements selon une solution combinant la carte à puce et le standard international adopté par Visa et Mastercard, SET. Une expérience pilote de 18 mois est prévue. Une fois les spécifications validées en coordination avec le Gie Cartes Bancaires, le consortium les rendra publiques. Deuxième phase: le consortium devrait, en plus des fonctions SET, intégrer une carte à puce conforme à la norme internationale EMV, la norme française actuelle étant BO'. "Nous voulons développer un standard mondial", a affirmé BauJoin Prot, directeur général adjoint, BNP. Le consortium fonctionne sur la base juridique d'un contrat liant ses membres. ses règles d'ouverture à d'autres partenaires étant examinées d'un commun accord et ses membres étant seuls propriétaires des logiciels développés, a insisté M. Prot. Sur leur commercialisation éventuelle, aucune règle n'a par contre été encore déterminée.
et la sécurité qui est associée: par .carte pour les montants substantiels, différente pour les petits montants." Il a précisé: ..La validation juridique des achats par les fonctions SET ne permet pas une identification permanente du client sur Internet. Or en France, existe une tradition de non répudiation, que nous voulons inclure dans notre offre. "
M. Prot a insisté sur le fait que les éditeurs de logiciels (Cybercash, etc) avaient fait des offres au consortium, qui a donné la préférence à un club de fournisseurs, qui seront mis en concurrence, plutôt qu'à un seul acteur.
La démarche qui sera vraisemblablement jugée un tant soit peu "cartel!aire", par les concurrents des deux banques -malgré l'ouverture en termes de normes- n'est pas celle d'un "monopoleur", a indiqué Philippe Citerne, directeur général délégué ressources et services. Société Générale, ..car ces tentatives se sont soldées dans le passé par un échec". Le représentant de la Générale avait-il en tête le projet de Kleline, filiale de la Compagnie Bancaire dont le système de paiement Glob ID sera opérationnel à compter du 4 septembre prochain. La Société Générale qui avait accumulé un retard dans ses services télématiques, effectue à cette occasion un remarquable "come back" en faisant flèche de tous bois, dès qu'il s'agit de commerce électronique: avec son projet avec la BFCE d'une part, avec son projet interne sur Intemet qui devrait éclore fin 1996 d'autre part, et enfin avec cette toute dernière avancée.
La BNP n'est pas en reste pour autant, puisqu'elle maintient ainsi son avance dans la télématique commerciale, tout en étant, une fois n'est pas coutume, pionnière. Cette opération est aussi une percée remarquable pour la société Gemplus, qui, fondée par Marc Lassus, réalise 85 % de son chiffre d'affaires à l'exportation et produit quelque 700 millions de cartes dont la moitié sont à mémoire. Cette initiative montre que la mode est aux clubs, celui qui vient d'être créé succédant à celui de la carte purchasing et de Visa TravelMoney.
Hans Van der Velde, Président de Visa Union Européenne, a indiqué que le Japon s'est engagé dans la voie de la sécurisation par carte à puce (voir encadré) dès janvier 1996, et qu'après la France, d'autres projets de même type allaient prochainement éclore.
TITRE : N o u v el E s p a c e - DATE DE PARUTION : J u i n /A o û t 1 9 9 6
le commerce électronique
Il est encore trop tôt pour affirmer qu'lnternet constitue la troisième révolution commerciale et mondiale. Mais, avec ses 40 millions d'utilisateurs, le Réseau des réseaux devient pour les entreprises un outil stratégique pour développer les ventes, l'exportation et repenser le dispositif marketing. Voici un aperçu de l'étude publiée par le groupe Dafsa, qui s'intitule "comment se préparer au commerce électronique ?" et qui fait le point sur cette nouvelle dynamique.
Après vingt-six ans d'existence, Internet est en passe de réussir sa reconversion en support de services et de commerce online. Jusqu'en 1 992. Ie réseau n'était pas tourné vers le grand public avec un prix d'environ 2000F mensuels. La démocratisation progressive a permis de réduire les coûts de connexion qui sont aujourd'hui bien en dessous de 200 F par mois. Ce formidable développement est le fruit du succès du World Wide Web qui, depuis 1991, a permis une approche plus conviviale du Réseau des réseaux, notamment par l'introduction de liens hypertextes entre les serveurs et par l'apparition d'une interface graphique (Mosaïc).
Ce récent succès va de pair avec le développement de produits et de services de communication de plus en plus personnalisés tels que les réscaux online. Ie téléphone cellulaire, le beeper, Ie fax... Internet est pergu comme l'enjeu économique des prochaines années, représentant à lui seul une vitrine internationale, un vecteur de communication et d'information et des bases de données immenses.
Peut-on parler de troisième révolution du commerce à l'instar de l'apparition des grands magasins au milieu du XlXe siècle ou du développement des hypermarchés au début des années soixante? Il est encore trop tôt pour répondre de manière affirmative à une telle question.
En revanche, il est pratiquement acquis que le commerce électronique sera un outil stratégique. Létude "Comment se préparer au commerce électronique", publiée par le Groupe Dafsa à la demande de plusieurs industriels, tente de cerner cette dynamique.
Une croissance phénoménale
Pour l'entreprise, I'lnternet est une nouvelle façon de concevoir le commerce. Si. aujourd'hui, la position géographique est encore prédominante, il est fort à parier que' le développement des communications et notamment des réseau,x fera "sauter" ces barrières. Internet constitue aussi une nouveile façon de penser le marketing, par la possibilité de conserver toutes les opérations pratiquées et les pages consultées par le client. Créer des liens internationaux, être référencé de par le monde, autant de perspectives qui devront être intégrées. En effet. être présent sur le Web est bien, mais se faire connaître est encore mieux.
L'entreprise ne pourra pas ignorer longtemps l'existence de bases de données marketing (ex.: Internet Marketing Ressources), d'associations et d'organisations de développement du commerce électronique. dans lesquelles elle peut signaler sa présence. Le potentiel d'lnternet est immense: 40 millions d'utilisateurs dans 75 pays, connectés sur 30000 réseaux, plus de 100000 en France dont 90% sont des entreprises et 10% des particuliers. 5a croissance est annoncée comme étant phénoménale: environ 300 millions d'utilisateurs en l'an 2000. Lévolution du chiffre d'affaires sur ce marché suit la même courbe de croissance.
Le processus d'achat
Comment se caractérise le commerce online? Son approche sous forme de définition est délicate. Il est cependant à l'origine de trois actes bien distincts :
Le porte-monnaie électronique
DigiCash développe un système de monnaie électronique. I'e-cash ayant une parité avec l'argent du système bancaire. Pour l'utilisateur il suffit d'ouvrir un compte dans une banque "électronique" et de l'approvisionner Le client fait des retraits sur ce compte et obtient de la monnaie électronique représentée par des suites de nombres cryptées (équivalent des pièces de monnaie) contenant la somme. Ia signature de la banque et une partie de la signature du compte client. Cette monnaie est stockée sur le disque dur de l'acheteur.
First Virtual permet l'échange avec une simple adresse e-mail un browser (logiciel de navigation sur le Web) une carte Visa ou Mastercard. Le vendeur doit posséder un compte dans une banque américaine. Le numéro de carte bancaire est transmis par téléphone. Le compte est créé et son identifiant est envoyé par e-mail au propriétaire Celui-ci l'utilise lors de son achat.
Mondex, société anglaise détenue par la National Westminste,- Bank. Midland Bank BT a créé sa propre carte de paiement électronique concurrente de celles de Visa et Wlastercard. Cette carte est actuellement en phase de test.
GC Tech permet à l'utilisateur qui possède une carte de crédit. d'avoir un portefeuille contenant des liquidités et sa ou ses cartes de crédit. Les liquidités sont utilisées pour les petits paiements (inférieurs à 200 F), les sommes importantes étant réglés par les cartes. Ce système de paiement nommé Globe ID, envisagé par Globe Online, s'appuie sur le réseau bancaire existant. Les numéros de cartes sont échangés une seule fois (par le réseau. par le téléphone ou par courrier). Lors de l'opération d'achat seule la transaction financière est cryptée.
Le cryptage des données
CyberCash propose des logiciels permettant au client et au vendeur d'effectuer des échanges d'argent via le système bancaire. Les clients reçoivent un logiciel permettant de créer un compte CyberCash appelé ''Persona" et de créer une superposition au browser Web.
Netscape-First Data proposent un système de transmission de cartes de crédit. Le vendeur reçoit un numéro de carte crypté. qu'il utilise pour le paiement d'un achat. Netscape est un fournisseur- de logiciels clients et serveurs. First Data est leader aux États-Unis dans le traitement des cartes bancaires.
Open Market permet la mise en place de serveurs gérant les transactions financières et les commandes. Les éléments concernant les cartes bancaires sont cryptés et le logiciel OpenMarLet gère la liaison entre le client et les centres de traitement bancaire. L'existence de ces diverses solutions ne permet pas de prévoir quelle sera la norme dans un avenir proche (deux à trois ans). On peut même imaginer que la solution retenue n'existe pas encore.
Par contre. Ia normalisation sera de plus en plus inéluctable au fur et à mesure que de nouveaux utilisateurs (donc de nouveaux besoins) apparaitront. La structure même d Internet freine son développement. La crainte du piratage de données est très forte (et souvent fondée). Envoyer ses numéros de carte bleue sur le Réseau des réseaux. sans cryptage. serait un acte de pure inconscience.
De nombreuses étapes restent cependant à franchir Outr~e les problèmes techniques (sécurisation des paiements image 3D son animation) en voie d'être résolus le frein politique concernant le cryptage est auJourd'hui très important. plus particulièrement en France. Le cryptage de données est astreint à des autorisations qui représentent un handicap dans le développement de cette nouvelle forme de commerce.
Au-delà du paiement. Ia logistique va sûrement devenir une source de problèmes. Les délais devront être courts et la distribution dans un souci d'efficacité. devra avoir des capacités géographiques mondiales.
Les compétences des sociétés de télé-achat et des vépécistes pourraient être précieuses dans la résolution de cette problématique. Les difficultés logistiques sur le online sont aujourd'hui totalement sous estimées.
Internet et les différents réseaux sont actuellement considérés comme un bon moyen de diffuser la vitrine d'une entreprise. Cette conception réductrice de leurs possibilités sera rapidement dépassée pour aboutir à la pratique du commerce électronique online
Le développement du commerce sur Internet devra se structurer davantage. Les centres commerciaux (mails électroniques) devraient donc connaître une expansion à l'image d'internet Shopping Network qui propose plus de 22000 produits de 600 manques différentes.
Une fois ces considérations prises en compte le commerce électronique sera le marché de demain !
TITRE : Planète Internet - DATE DE PARUTION : Juillet /Août 1996
Transactions sécurisées : la guerre des standards aura lieu
Alors que la société française GC TECH {hKp://www.gctech.fr) renforce ses positions sur le marché des solutions de paiement sécurisces sur l'Internet, la société VeriFone (http://www.verifone.com) a annoncé la disponibilité de sa propre solution. Globe ID, le système mis en oeuvre par GC Tech, est en passe de s'implanter auJapon via deux nouvelles filiales Globe ID KK et Globe On Line K.K. Le principe de Globe ID, le porte-monnaie électronique, permet d'utiliser un système de paiement uniforme et indépendant de la situation géographique de l'utilisateur et des commerçants électroniques.
La solution de VeriFone, elle, repose sur le nouveau protocole SET (Secure Electronic Transactions) mis en place par MasterCard et Visa, et se présente comme une suite d'applications, la VeriFone Internet payment suite, gérant les transactions par carte bleue. Le combat s'annonce rude entre les solutions de paiement propriétaires du type Globe ID dont l'avantage principal est d'accepter les transactions portant sur de petites sommes, et les systèmes de paiement par carte bleue dont l'atout est de bénéficier d'un grand nombre de consommateurs potentiels.
TITRE : CD Rama - DATE DE PARUTION : Juin / Juillet 1996
GC Tech et les capital-risqueurs
GC Tech a mis au point une série de solutions pour les systèmes intenationaux d'intermédiation et de transaction dont notamment le système de paiement sécurisé destiné au commerce électronique sur Internet,Globe ID déjà licencié à Kleline (filiale de la Compagnie Bancaire) Aussi verra-t-on d'un bon oeil l'arrivée de nouveaux partenaires tels que le groupe d'investisseurs conduit par Finovelec et qui comprend Sofinnova, Partech, IDI et Index Securities (le tout pour un montant de trois millions de dollars). Par ailleurs, GC Tech a retenu Broadview & Associates pour recueillir dix millions de dollars supplémentaires auprès de partenaires stratégiques américains et internationaux
TITRE : Problèmes Economiques - DATE DE PARUTION : 1 0 J u i l l e t 1996
La France à l'heure d'lnternet
La floraison anarchique de l'offre : Qui fait quoi ?
Chaque jour voit jaillir des services liés à Internet, naître de nouveaux acteurs sur ce marché, surgir de nouveaux providers, fournisseurs d'accès ou offreurs de contenus. Et tout laisse supposer que. Ioin devant les serveurs et les logiciels qui lui sont dédiés, ces services occuperont la première marche du podium de la croissance du marché Internet. Services qui recouvrent aussi bien l'accès au réseau que la création, la maintenance, I'hébergement ou encore la sécurisation des transactions.
Près d'une centaine de sociétés se disputent déjà le seul marché de l'accès au réseau. La poule aux oeufs d'or suscite de nombreuses vocations.. Cette précipitation conduit à une certaine confusion: quelques prestataires cumulent les fonctions. d'autres n'en proposent qu'une seule. De plus. Ies candidats au \wer s'aperçoivent vite que les critères de la tarification. en matière d'hébergement et de création notamment, changent d'un prestataire à l'autre. Ce qui n'améliore pas la lisibilité du marché. Bref, les entreprises qui tournent pour la première fois leur regard vers le Paysage Internet Français (PIF) découvrent un relief escarpé et encore mal balisé.
Les "grossistes" et leur clientèle
En matière d'accès, deux grands types de fournisseurs--ou ISP. pour Internet Service Provider-- se distinguent. Ceux qui comme Oléane, Transpac. Internet Wav ou Eunet disposent de leur propre infrastructure j'usqu'aux principaux points d'interconnexion du réseau. Dans le PIF, ils tiennent un peu la place des grossistes, puisque le reste des fournisseurs s'approvisionnent auprès d'eux en bande passante. Cette seconde famille d'ISP compte d'ailleurs de nouveaux membres toutes les semaines. A titre d'exemple, citons Imaginet, Grolier Interactive, Francenet, Worldnet, Calvanet, etc. A noter que ces fournisseurs d'accès, localisés à Paris, s'attachent à étendre leur service au reste de la métropole. Soit en optant pour le kiosque micro IP de France Télécom qui permet à leurs abonnés de se connecter quel que soit leur lieu d'appel à un coût qui sera fonction de l'accord passé avec l'opérateur. Soit en ouvrant par leurs propres moyens--en louant l'infrastructure nécessaire auprès de Transpac--des points d'accès dans certaines villes.
En même temps, bien que la région Ile-de-France compte un nombre impressionnant de prestataires par comparaison à la province, celle-ci est cependant de moins en moins démunie.
La première catégorie de prestataires s'adresse en priorité aux entreprises exigeantes sur la disponibilité de la bande passante, la seconde à la fois aux particuliers et aux entreprises. Une dichotomie que confirme une comparaison des tarifs entre les fournisseurs de ces deux catégories. Si un abonnement mensuel pour un accès en dial-up illimité est vendu en moyenne une centaine de francs chez les seconds, il en coûtera plutôt entre trois et quatre cents francs chez les premiers. L'Internet n'est pas un monde à part: ici comme ailleurs, la qualité du service a son prix. Au client d'évaluer son niveau d'exigence en fonction de ses projets.
Le délicat virage des prestataires " propriétaires "
Hors catégorie, ceux qu'on a longtemps appelés << les services en ligne , les Compuserve, America Online. et Microsoft Network, négocient aujourd'hui un délicat virage. << Le phénomène Web" a miné leurs deux principaux piliers: la richesse du contenu et l'interface conviviale. La première est aujourd'hui relativisée par la quantité d'informations--souvent gratuites--disponibles sur le Web. La seconde subit la concurrence des navigateurs et du langage HTML qui, depuis leur première moutures, ont été largement améliorés. Résultat, le coût de l'heure de connexion à un tel service trouve de moins en moins de justification face aux offres d'accès, illimité des ISP. A l'exception d'Infonie qui persiste à ne pas se conformer aux protocoles du Web, tous ont amorcé une transition de leurs services de contenu propriétaires vers le Web. Il s'agit dorénavant de devenir un fournisseur majeur d'accès à Internet, tout en bataillant pour assurer aux abonnés des services de contenu exclusifs (journaux, fils d'informations...). Ce mariage (de raison) avec le Web suffira-t-il à assurer leur avenir ? Le cabinet Forrester Research estime que leur nombre d'abonnés diminuera après 1998. Etrange pronostic puisqu'à cette date ces services n'auront sans doute plus grand chose de commun avec ce qu'ils sont aujourd'hui.
En ce qui concerne les types d'accès, le dial-up et la ligne Numéris figurent au menu de la quasi-totalité des offreurs de services. Ie raccordement via une ligne spécialisée à 64 Kbps, ou plus, est encore rare. Et pour cause: il serait suicidaire pour un ISP de proposer une telle option si lui-même est relié à son grossiste avec une ligne du même débit ! A moins d'avoir un goût prononcé pour la sur-location...
Comment être assuré qu'un offreur d'accès ne pratique pas la sur-location de sa bande passante aux dépens de la qualité du service ? Quelques questions posées à plusieurs ISP pour tenter de comparer leurs ratios bande entrante/bande sortante permettront parfois d'éviter les plus gros pièges. Toutefois, I'opacité étant la règle dans ce domaine --des prestataires refusent tout simplement de communiquer le nombre de comptes déjà ouverts --le bouche à oreille, cruel car parfois injuste, se présente souvent comme la seule alternative. Le marché de l'accès étant particulièrement rude, les abonnements ne suffisent pas pour rentabiliser la location de l'infrastructure. Notamment pour les nouveaux arrivants qui ont manqué les premières heures du réseau. Celles où un ISP pouvait se permettre de facturer à l'heure et au prix fort l'accès à Internet. Une époque (presque) révolue.
Résultat, un grand nombre de fournisseurs d'accès élargit l'éventail de leurs services à l'hébergement de sites Web mais aussi à la création, à la maintenance ou encore à la formation.
Dans leur ensemble, les prestataires déjà cités proposent au moins quelques-uns de ces services. Des activités qui, une fois matures, pourront représenter jusqu'à 90 % du chiffre d'affaires global. A l'avenir, pour tous les fournisseurs qui ne sont pas opérateurs ou grossistes, I'accès à Internet pourrait bien, même s'il demeure un service de base. passer à l'arrière-plan de la gamme des prestations proposées.
Les grandes SSII, comme Cap Gemini Sogeti, SG2 ou Axime, ne s'y sont pas trompées. Toutes trois ont étendu leurs activités à la réalisation de sites Web et à la mise en oeuvre de solutions Intranet
(les Web internes aux entreprises).
A leurs côtés, apparaissent aussi de petites sociétés qui, sans entrer dans le commerce de la bande pas- sante, offrent de réaliser des Web, du site vitrine au
site commercial. Il s'agit le plus souvent de petites structures--une dizaine de personnes--qui recourent au besoin à des créateurs indépendants. D'autres sociétés de services ont choisi de se concentrer sur des besoins particuliers. Dix mois
après sa création, Skyworld, fournisseur d'accès et intégrateur de services, distribue à des grossistes Skybox une offre conçue pour des revendeurs qui couvre à la fois la conception, la réalisation et l'hé-bergement d'un site Web. De quoi monter un Web transactionnel. Sur le versant du commerce électronique. Globe Online lancera officiellement en septembre prochain Globe ID, un sys{ème de porte-monnaie virtuel qui autorisera, entre autres, les micro-paiements via le réseau. Inutile d'avoir le talent de Madame Soleil pour prédire que, dans les mois à venir, d'autres fournisseurs de services arriveront sur le marché. Sans doute seront-ils plus spécialisés que les acteurs d'aujourd'hui. Pour certaines parties--transactionnelle ou commerciale par exemple--de la conception d'un Web, ou encore pour des métiers particuliers--le Web d'une agence de voyages ne réclame pas forcément la même compétence que le Web d'un journal.
Pour proposer de plus en plus de services de contenu gratuits, payants ou
rentabilisés par la publicité, les sites Web ouverts au public devront toutefois
rencontrer une large audience. Or, I'accès à Internet demeure encore l'affaire d'une petite minorité. Ce qui ne devrait pas, pour le moment, ralentir la croissance des services associés au Web. L'Intranet offre déjà un vaste jardin à cultiver. En attendant que le PIF s'épanouisse pleinement.
Un marché de 2,5 milliards de francs en
l'an 2000 ?
Vingt-trois millions de francs en 1995, 1,5 milliard de francs à l'horizon
1999, selon IDC. Si l'on en croit ces chiffres, c'est peu de dire que le
marché 50 000 français des services liés à Internet va décoller. Un big
bang se prépare. Mais nous n'en sommes qu'aux prémices.
Le grand public commence à donner l'impulsion qui faisait défaut. " La masse critique d'utilisateurs potentiels des services en ligne en Europe est désormais
atteinte pour que l'on puisse envisager un récl décollage du marché",
affirme une récente étude du cabinet IDC. Le taux d'équipement domestique en PC et en modems a atteint en 1995, sur le Vieux Continent, des taux comparables à ceux de 1993 aux Etats-Unis, année de décollage du marché des services en ligne dans ce pays.
A cause de l'importance du minitel et de ses 6 millions de terminaux permettant l'accès à 26 000 services, le cas de la France est particulier. " Télétel est loin d'être mort", assure-t-on à l'Aftel (Association française de télématique), pour qui il ne faut pas sous-estimer le rôle des nouveaux téléphones à écran donnant accès à la vitesse de 9 600 bits/s, à des applications de base, telles que la consultation de l'annuaire électronique ou la réservation de billets de train.
Néanmoins, les professionnels prévoient une évolution rapide du couple PC/modem en France. Une enquête, menée par Inteco auprès de 3 500 ménages' révèle que 29 % de ceux ayant des revenus supérieurs à 15 000 francs par mois disposeront, d'ici à 199S, de modems rapides sur leur PC. 68 % des ménages interrogés par IDC et par Link citent l'accès à Internet en ligne comme le troisième facteur d'utilité d'un PC, derrière les applications de traitement de texte (81 %) et 1'éducation (78 %). " Dans trois ans, le marché grand public prendra l'ascendant sur les abonnés professionnels", assure Roger Courtois, PDG de France Télécom Interactive, qui table sur un chiffre d'affaires d'environ 700 à 800 millions de francs à la fin de la décennie sur un marché des services en ligne estimé à 2,5 milliards de francs.
On n'en est pas encore là. " Qui peut dire ce qui se passera dans trois ou quatre ans ? Nous n'en sommes qu'au début du développement de l'Internet en France", relativise Pierre Métivier, directeur du marketing de Compuserve France. Pour le moment, chacun cherche à fidéliser une clientèle volatile qui ne cesse de naviguer d'un prestataire à l'autre, au gré des ouvertures de services et des heures de connexions gratuites promotionnelles. Difficile de se faire une idée précise du nombre d'utilisateurs, les providers se montrant peu bavards sur la quantité de leurs abonnés. Quant aux coûts d'acquisition d'un abonné et aux marges réalisées, ils relèvent du secret d'Etat.
Une chose est sure, la maîtrise des infrastructures par les opérateurs risque de faire de l'ombre aux fournisseurs d'accès Internet. Le rachat d'Uunet par l'opérateur MFS préfigure cette tendance. " Sur le long terme, un certain nombre de fournisseurs d'accès vont devoir remonter vers le contenu s'ils veulent subsister", pronostique Jacques Pantin, du cabinet Arthur D. Little. Mais c'est des éditeurs que dépend la richesse du contenu, attendue par les utilisateurs.
En France, les grandes chaînes de distribution examinent de très près les possibilités offertes par le " Net", envisageant même de se passer des intermédiaires. Reste que la fonction d'intermédiation --et son principal aspect, la facturation--restera indispensable pour nombre d'éditeurs.
Avec le contenu, la demande va se focaliser sur la rapidité de connexion aux services à un prix attractif, ce qui n'est pas encore le cas. " La démocratisation de Numéris vers les abonnés résidentiels constitue une très bonne solution pour Inter net, pense Jean-Paul Figer, vice-président de Cap Gemini Sogeti. Qu'attend donc France Télécom pour abaisser l'abonnement Numéris autour de 100 francs TTC/mois, voire l'offrir gratuitement, à l'instar de ce que font certains opérateurs américains avec le RNIS ?". Nombreux sont aussi les analystes experts, comme Henri de Maublanc, de l'Aftel, à estimer, visant directement l'offre Wanadoo de France Télécom, que "si l'on veut faire d'Internet un vrai média grand public, la tarification à la durée n'a pas de sens".
La principale menace pourrait donc venir des câblo-opérateurs qui possèdent des infrastructures, connaissent bien leur abonnés et affichent pour Internet une logique commerciale de type diffusion de programmes TV avec des forfaits mensuels autorisant une connexion illimitée. C'est le sens de l'actuelle expérimentation d'autoroutes de l'information de la Lyonnaise des Eaux sur Pans.
Philippe Guichardaz
La gratuité d'lnternet: un mythe
La logique du marché s'impose
Certaines rumeurs ont la vie dure. Pendant longtemps, une large partie des utilisateurs d'Internet-- les universitaires--ont cru qu'il s'agissait d'un service gratuit. Rien de plus faux ! Certes, ils n'avaient pas à débourser un centime pour profiter du réseau: les centres universitaires ou de recherche se chargeaient de régler les dépenses à leur place.
Que ce soit à titre privé ou professionnel, l'utilisateur d'Internet s'aperçoit vite que la gratuité est un vain mot. Un provider lui vend un accès à Internet pour un montant donné, de moins en moins élevé, mais toujours supérieur à zéro, et France Télécom ne manque pas de lui facturer les communications passées. Ce qui, même au tarif d'une communication locale dans le meilleur des cas. finit par faire une somme non négligeable. Mais le jeu du " qui paye qui" ne s'arrête pas là.
Internet est né du principe qu'il fallait partager les ressources entre tous les participants au réseau. En clair, plus important est le débit que l'utilisateur (dans le sens de provider, fournisseur d'accès ou opérateur de liaisons) veut exploiter, plus il devra payer. Ainsi le réseau européen Ebone fonctionne sur le principe d'un consortium: chaque réseau membre d'Ebone fournit des liaisons et paie une quote-part des coûts globaux en fonction de ce qu'il apporte, alors que ceux qui ne fournissent pas de liaisons remboursent les autres au prorata du débit souscrit.
En outre, le coût du raccordement d'un réseau à Internet est indépendant de la distance et de la durée de la communication ainsi que du volume d'informations transmis. De ce fait, pour ces utilisateurs, le transfert de plusieurs méga-octets de données entre Paris et Amsterdam n'est pas plus cher que celui de quelques kilo-octets entre deux arrondissements parisiens grâce à l'interconnexion de réseaux qui caractérise Internet et le partage des ressources. Pour une communication Caen-Marseille par exemple (1), vous pouvez utiliser le réseau de France Télécom et payer ainsi les tarifs appliqués par l'opérateur national, ou appeler quelqu'un à la limite de votre circonscription de taxe téléphonique, qui lui-même appelle quelqu'un à la limite de la circonscription suivante et ainsi de suite jusqu'à Marseille. Impraticable pour une communication téléphonique, ce système prend tout son sens dans une liaison de données. Le propriétaire d'un lien Caen/Rouen peut passer un accord d'utilisation réciproque et gratuit avec celui d'un lien Rouen/Paris qui en passera lui-même avec d'autres partenaires pour finir par atteindre Marseille. L'utilisateur passera par ce maillage de lignes pour arriver à bon port, en ne payant que le fournisseur de la ligne Caen/Rouen.
Ces accords de réciprocité sont à la base d'lnternet, mais le système de facturation est un peu plus compliqué que ne le laisse supposer cette démonstration. En effet, tous les providers (ces sociétés auprès desquelles on s'abonne pour accéder à Internet) ne sont pas directement reliés à Internet, certains l'étant seulement à un fournisseur d'accès raccordé au réseau, service évidemment payant.
Pour accéder à l'Europe, ces fournisseurs d'accès (et les providers directement raccordés à Internet) doivent s'abonner à un réseau (ou backbone) européen comme Ebone ou Eunet selon le mode de facturation prévu par ce backbone (Eunet est une société commerciale alors qu'Ebone fonctionne sur le principe du partage des coûts). Et pour accéder aux Etats-Unis, il faut également payer... car les liens transatlantiques sont entièrement financés par les réseaux et backbones européens ! Au final, " tout l'argent d'Internet atterrit dans les poches des opérateurs de télécom", résume Michel Lartail, directeur de Renater.
Aussi tous les utilisateurs d'Internet dans le monde ne paient-ils pas le même prix. Chaque opérateur de télécom local ayant sa propre politique de tarification des lignes spécialisées, il existe des différences d'un pays à l'autre, et si les Américains sont les mieux lotis à ce niveau, les Européens payent, pour la plupart, le prix fort, du moins tant que la déréglementation prévue n'aura pas amené une guerre des prix bénéfique pour les utilisateurs.
Cela dit, tout n'est pas payant sur Internet. Ainsi, les GIX (Global Internet Exchange) ces points d'interconnexion entre backbones et réseaux, sont gratuits. De même, n'importe quel réseau peut établir des accords de peering avec un ou plusieurs autres réseaux de façon que chacun bénéficie mutuellement des ressources de l'autre sans bourse délier.
Mais l'évolution n'est pas à la gratuité, bien au contraire, et pour une raison simple: Internet est concentré aux Etats-Unis, et si les Américains décident de faire payer les autres pays, ces derniers seront contraints de se plier à leur bon vouloir sous peine de ne plus représenter qu'un réseau, coupé du coeur d'Internet. Pour le moment, les backbones du type Ebone ou Eunet accèdent aux Etats-Unis gratuitement (à l'exception du paiement des lignes transatlantiques) alors que les opérateurs américains (MCI, Sprint, etc.) veulent faire payer les réseaux se reliant directement à leur pays. Comme le note Michel Lartail, " les Américains sont en position de force. Ils ont des liens à bas prix, une masse énorme d'utilisateurs locaux et une forte culture Internet. Alors, que faire ? Du reste, les plus gros réseaux ne veulent plus établir d'accords de peering avec les plus petits réseaux, mais ils veulent faire payer leurs accès "
Il s'agit là d'un bouleversement par rapport à 1'idée directrice d'Internet et les arguments en faveur des accords réciproques gratuits sont balayés par le pragmatisme américain: " Vous voulez venir sur notre réseau ? Alors, c'est tant ! " Si cette perspective se confirme, les réseaux qui ne pourront payer ces accès se retrouveront à la porte d'Internet et I'on assistera à une concentration des opérateurs avec une prédominance des Américains. Rien que du déjà vu dans nombre d'autres secteurs de l'informatique, en somme.
Bruno Ferret
Le point sur les modes de tarification
La Floraison de prestataires de services en ligne a rapidement fait chuter le coût des abonnements offerts tant aux professionnels qu'aux particuliers. Reste qu'il n'est pas facile de calculer le prix de revient de l'heure de connexion. La plupart des fournisseurs d'accès proposent plusieurs formules d'abonnements selon le type de connexion qui sera utilisé.
A ces frais, plus ou moins aisément calculables selon que l'on opte pour un forfait ou pour une facturation à la consommation, s'ajoute le prix des heures de communication qui varie considérablement en fonction de la distance séparant le micro ordinateur de l'abonné des systèmes de son fournisseur d'accès. L'arrivée en France de géants américains tel America-on-line (AOL) I entrée en force d'une filiale de France Télécom sur ce marché et l'ouverture récente de points d'accès spécialisés à Internet par l'opérateur national des télécommunications ajoutent encore à la confusion.
La situation n'est pourtant pas aussi inextricable qu'il y paraît, puisque le nombre de formules d'abonnement s'adressant aux particuliers n'est en définitive pas si élevé.
Le forfait illimité
La formule la plus souple et de loin la plus pratique est l'abonnement au forfait illimité en heures de connexion et en volume d'informations échangées.
Ce genre de formule permet d'accéder à tous les services du réseau des réseaux (méssagerie, transfert de fichiers ftp. gophcr, World Wide Web, etc.), aussi souvent et aussi longtemps que l'abonné le souhaite. Les tarifs les plus couramment pratiqués pour un abonnement sans limite d'utilisation se situent autour de la centaine de francs par mois, parfois moins... Difficile de faire plus simple.
Le forfait limité
Une autre formule très souvent proposée est basée sur un forfait mensuel donnant accès au réseau du fournisseur pour un nombre d'heures de connexion limité. Comme précédemment, I'abonné se voit attribuer une adresse e-Mail personnelle et il est en mesure d'exploiter tous les services d'lnternet. Seule contrainte: il doit se garder de dépasser le temps imparti par les termes du contrat. Le coût mensuel varie évidemment en fonction du nombre d heures de connexion incluses dans l'abonnement de base.
Le problème se complique avec les éventuelles heures supplémentaires. Plusieurs cas de figure apparaissent. Le fournisseur d'accès peut choisir de facturer les heures à l'unité (les tarifs sont quelquefois prohibitifs). Il peut aussi proposer l'achat de tranches de connexion indivisibles (par exemple, 5 heures pour 35 F TTC). Dans ce cas, il faudra s'assurer à la signature du contrat des conditions d'utilisation de la nouvelle tranche. Qu'advient-il par exemple des heures inutilisées ? Sont-elles versées au crédit du mois suivant ? Est-il possible de suspendre l'abonnement, etc.
Internet " contre la montre "
Ce mode de facturation consiste à faire paver directement la consommation. Les heures de connexion sont comptabilisées et le fournisseur d'accès relève le compteur en fin de mois. Le client reçoit une facture dont le montant découle du forfait horaire indiqué dans le contrat. Le prix de l'heure de connexion est généralement dissuasif et il est indispensable de noter le temps passé en ligne afin de pouvoir contester le montant de la facture en cas de litige. Cette formule présente néanmoins quelques avantages. Par exemple, il est rare qu'une durée minimale de souscription soit imposée. L'abonnement peut donc être interrompu sans difficulté. ce qui n'est pas le cas des contrats au forfait habituellement passés pour une durée minimale de six mois à un an non résiliables.
La facturation au volume
Un dernier mode de facturation consiste à comptabiliser non pas les heures de connexion mais le volume de données échangées avec le réseau des réseaux. Cette formule est à proscrire, car il est presque impossible d'évaluer le montant de la consommation. En cas de litige, il sera donc quasiment impossible de contester le bien-fondé des sommes réclamées par le fournisseur d'accès.
Le coût des communications
Le prix des services de votre fournisseur d'accès n'est pas la seule charge financière dont il faut tenir compte. Une connexion par modem ou via Numéris est facturée comme une banale communication téléphonique. Le prix varie donc en fonction de la distance qui sépare le fournisseur de l'abonné, ainsi que de l'heure à laquelle ce dernier se connecte, puisque les tarifs de France Télécom subissent une modulation horaire.
Une communication locale coûte une taxe de base toute les trois minutes aux heures ouvrables soit 15 francs TTC/heure (5 francs TTC/heure après 22 h 30). Lorsque plusieurs dizaines de kilomètres séparent les systèmes à connecter. Ie coût des communications dépasse très largement les tarifs précédemment évoqués. Ainsi, il faut compter autour de 115 à 130 F TTC/heure pour des distances comprises entre 50 et 100 km.
Dans leur grande majorité, les fournisseurs d'accès à Internet sont situés dans la région parisienne et dans les grandes métropoles régionales (Lyon, Bordeaux, Rennes, etc.). Il existe donc de grandes dis
parités entre les utilisateurs résidant dans les centres urbains et ceux habitant à la campagne. France Télécom a créé des points d'accès spécialisés pour remédier à ce problème et propose aux fournisseurs d'accès de souscrire à leur tour un abonnement afin de s'adresser aux clients potentiels résidant n'importe où dans l'Hexagone.
Trois paliers de tarification ont été retenus afin d'uniformiser les coûts de connexion sur tout le territoire. En fonction des contrats d'abonnement qu'il propose, chaque prestataire peut opter pour l'un des trois modes de facturation des communications correspondant le mieux aux attentes de sa clientèle. Reste que, pour l'instant, seule une poignée de prestataires d'accès a souscrit à l'un ou l'autre des paliers de tarification mis en place par l'opérateur national. Nombre de fournisseurs d'accès à Internet se tournent aujourd'hui vers les entreprises et, à ce titre, préferent ouvrir des bureaux en province pour se rapprocher de cette clientèle.
A l'heure où l'on parle de plus en plus d'Internet dans les médias. I'accroissement de l'offre aux particuliers pourrait donc connaître un coup d'arrêt. Des géants tels qu'America Online, Prodigy ou Compuserve (déjà solidement implanté en France) pourraient profiter de cette occasion pour s'engouffrer dans la brèche. Dans cette optique, France Télécom peut difficilement leur abandonner le terrain. Une telle reculade sonnerait rapidement le glas de Télétel. Après avoir été une bataille de " juniors" I'accès à Internet va, à l évidence, devenir un enjeu pour les seniors.
Thierry Parisot
TITRE : Bank Systems + Technology - DATE DE PARUTION : Aoùt 1996
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Banco Bamerindus of Brazil is participating in a pilot system using New York based GC Tech, inc.'s Globe ID software to offer secured electronic payments over the Internet.