TITRE : Technologies & Business - DATE DE PARUTION : Novembre/Décembre 1996
UNE GRANDE PREMIERE FRANCAISE EN MATIERE DE PAIEMENT SECURISE

A l'avenir, on ne pourra plus mettre en avant l'absence de sécurité sur Internet. Le premier système de paiement sécurisé vient d'être lancé par Kleline, qui est une filiale de la Compagnie Bancaire et du groupe LVMH, Louis Vuitton Moët Hennessy. Ce système, qui s'appelle GlobeID. Il permet d'effectuer à la fois des gros paiements et des micro-paiements à l'aide d'un porte-monnaie électronique. Ce dispositif prend en charge l'authentification de l'acheteur et du vendeur et assure l'interface entre le client, le commerçant et les banques. En aucun cas le numéro de la carte de crédit ne transite sur le réseau. De plus, tous les échanges d'informations sensibles sont cryptées avec des clés très longues pouvant aller jusqu'à 1.024 bits. Signalons que ce système a été développé par GCTech qui est une entreprise française.

Sofinco, filiale du groupe Suez, spécialisée dans le crédit aux particuliers envisage de proposer des crédits sur Internet. Le crédit souscrit sera lié à la carte privative et d'une galerie marchande électronique.


TITRE : Le Monde Informatique - DATE DE PARUTION : 20 décembre 1996
Préparatifs avant la grande plongée

En 2002, 10 à 12% des transactions commerciales en France s'effectueront via le commerce électronique, prévoit le Meta Group. Mais au cours de l'année écoulée, les initiatives dans ce domaine sont restées timides. Notamment en France, où, faute d'une législation claire sur le chiffrement des transactions, les projets francais les plus ambitieux n'ont pu décoller.

La fin de l'année 1996 aura vu s'ouvrir Globe Online, le premier espace commercial électronique français. Ce centre virtuel, bâti sur le procédé de paiement électronique développé par GCTech et exploité par Kleline, prévoit de regrouper une centaine de sociétés d'ici à un an. Mais qui dit commerce, dit clientèle. Et avant que le public ne se rue dans les cyber-rayons, il faudra encore patienter. En réalité, au cours de l'année, seuls les webs vitrines se sont vraiment développées. Chaque société, désormais convaincue de l'intérêt d'Internet, y va de son curriculum vitae, de sa fiche d'identité et de son catalogue de produits. Le tout saupoudré de photos et de séquences vidéo. Les sites les plus sophistiqués vont jusqu'à proposer des outils de simulation permettant, par exemple, de calculer un devis ou de connaître le taux de crédit le plus intéressant.

Le secteur bancaire, en particulier, a fait cette année une intrusion remarquée sur le réseau mondial. Une enquête réalisée par Input prévoit même que, d'ici à 2001, 90% des établissements bancaires utiliseront Internet pour leurs services de banques à domicile. Toutes les grandes banques francaises ont, les unes après les autres, annoncé leur arrivée sur Internet. On en compte aujourd'hui une vingtaine. Mais, dans la plupart des cas, les serveurs se révèlent décevants. Seules quelques banques ont fait preuve d'audace. Parmi celles-ci, le groupe Banques Populaires (www.banquepopulaire.fr) se distingue avec son site Cyberplus qui propose un véritable service de banque à domicile. Il permet aux clients abonnés d'effectuer des virements entre leurs différents comptes, de consulter l'état de leurs finances ou de télécharger leurs relevés bancaires. Il est également possible d'effectuer des simulations de prêts. Le Crédit Mutuel de Bretagne, dans sa "cité virtuelle" Citélis (www.eurobretagne.fr/banque.html), propose la consultation et les virements. Mais, hormis ces deux exemples, les banques françaises hésitent à proposer de vrais services financiers. En attendant un assouplissement de la réglementation, elles cherchent leurs marques sur le réseau mondial. C'est le cas de la banque Sofinco qui vient de signer un accord avec Cybercash. La filiale du groupe Suez compte proposer à ses clients, particuliers et commercants, I'ouverture de contrats de crédits et le paiement sur le Net (www.sofinco.fr/). Un système de porte-monnaie électronique virtuel, basé sur le procédée Cyber-coin, permettra de régler en ligne des petits montants. Mais pour le paiement par carte, les transactions seront géréees selon le processus classique.

UN "TERRAIN D'EXPERIMENTATION"

Pour les mêmes raisons, la vente par correspondance piétine également. Les grandes enseignes, pourtant parmi les premières sociétés arrivées sur le réseau, ont bien du mal à faire évoluer leur site. Depuis longtemps, il est possible de passer commande sur le Web. Mais le règlement suit encore le processus traditionnel, faute d'une sécurisation suffisante des transactions.

Malgré les difficultés rencontrées, les VPCistes croient fermement en Internet. Pour eux, il est devenu incontournable, et l'on peut comparer son démarrage à celui du Minitel qui, grosso modo, représente aujourd'hui quelque 15 à 20% de leur chiffre d'affaires. Les Trois Suisses, dont le serveur (www.trois-suisses.fr) n'assure pas encore le paiement sécurisé, constatent déjà que 4 à 5% des clients sur Internet, pourtant avertis des risques, n'hésitent pas à fournir leur numéro de carte bancaire. "Le taux de commande par Internet devrait, d'ici cinq à dix ans, rattraper celui du Minitel", estime Yves Bayard, responsable du marketing télématique et des nouveaux médias. Pour sa part, la Camif se veut plus prudente. Pour elle, Internet est resté en 1996 un "terrain d'expérimentation". Son serveur commercial, à l'état de maquette (www.ilog.fr/camif.html), n'ouvrira qu'en 1997.

Pour combler les lacunes du Net, certains VPCistes trouvent des astuces. La Redoute vient, par exemple, d'établir une connexion entre son application Minitel et le Web (www.redoute.fr). Elle profite ainsi d'un système de paiement sécurité éprouvé. Mais le proc&eaceet;dé a ses limites puisqu'il ne fonctionne qu'en France, pays du Minitel. Et le marché sur Internet ne représente encore qu'une part quasi inexistante des 10 milliards de chiffres d'affaires du groupe.

D'autres sociét&eacete;s ont recours à des moyens plus élaborés pour contourner les obstacles français. France World Contacts, avec son "Marché de France" (www.france-contacts.com/marche/bonjour.htm) s'appuie sur une SARL française pour négocier avec les fournisseurs locaux et gérer les commandes. Mais les développements sont réalisés par une antenne de la société basé à Hong Kong, où la main-d'oeuvre est bien moins chère. Quant au serveur, il se trouve aux Etats-Unis, ce qui permet de bénéficier d'une bande passante bon marché, de la liberté de chiffrement et de systèmes de paiement sécurisés efficaces. Depuis le 1er août, la société propose aux gastronomes du monde entier plus de 200 produits du terroir national. Début novembre, la société n'avait concrétisé qu'une cinquantaine de commandes. Mais son gérant prévoit un chiffre d'affaires de 1 million de francs pour cette première année.

DE LA VPC AUX AGENCES DE VOYAGES

Le secteur du tourisme est également très présent sur Internet. Ainsi, Degrif'Tour, le voyagiste le plus en avance sur le sujet, réalise 2% de ses prestations à distance sur Internet (www.degriftour.fr). Nouvelles Frontières a choisi d'intégrer un système de paiement sécurisé dans la nouvelle mouture de son site qui devait ouvrir le 15 décembre (www.nouvelles-frontieres.com). Le site de Northwest Airlines (www.nwa.com) permet de retenir des places. L'adresse "travelweb.com" permet également de réserver des places d'avion, mais aussi des chambres d'hôtel et des voitures sans chauffeur (avec le loueur Hertz). Plus récemment, Leisureplan International, société d'édition de voyages multimédia, a conclu un partenariat avec Eunet International pour amener les services touristiques sur Internet partout dans le monde. Les grandes chaînes d'hôtels ont également pris position cette année sur Internet. On y trouve notamment Holyday In (www.holidayin.com) les Hôtels Concorde (www.concorde-hotels.com) et Hyatt (www.hyatt.com). Ainsi que des chaînes françaises comme Relais et Châteaux (sur le site www.integra.fr) et Envergure. Mais pour la plupart d'entre elles, Internet reste avant tout un outil marketing.

Face à ce nouveau canal de réservation, le dernier salon Top Resa a laissé transparaître quelques craintes. Des craintes émanant surtout des agences de voyages traditionnelles et des grands prestataires mondiaux de réservations. Parmi ces derniers, certaines sociétés, comme Amadeus, essayent de proposer des prestations plus élaborées pour contrer le Net. D'autres, à l'image de Sabre, se positionnent sur Internet en proposant des moteurs de recherche pour aider les clients dans leurs choix. Quoi qu'il en soit, Internet est amené à devenir une des plus grandes plate-formes de commerce. Et, de près ou de loin, tout le monde se prépare à affronter la vague.

Thierry Parisot



TITRE : Challenges - DATE DE PARUTION : Décembre 1996
La magie du Web-achat

Le Web est en train de devenir une gigantesque galerie marchande. Pour permettre le développement du commerce électronique, de nombreuses sociétés s'évertuent à trouver un mode de paiement sans risque. Ainsi, associé à Visa et à Mastercard, Microsoft présentera bientôt Internet Merchant System, sa plate-forme marchande. La banque Sofinco, filiale de Suez, travaille, elle, avec l'américain CyberCash afin de proposer aux particuliers et aux commerçants des contrats de crédit sur le Web.

En France, le projet le plus avancé reste celui de la société de service Kleline, filiale de la Compagnie bancaire et de LVMH. Grâce à la technologie des Parisiens de GCTech, cette firme vient de procéder à la première transaction sécurisée et certifiée sur le Net - les autres s'effectuent aux risques et périls de l'utilisateur. La procédure d'achat paraît relativement simple.

Après avoir reconnu le client, Kleline assure l'interface avec les banques demeurées opérateurs du système. L'utilisateur, lui, n'a pas à ouvrir un nouveau compte puisque les transactions s'effectuent à l'aide d'un portefeuille électronique. Il doit juste s'inscrire en envoyant ses coordonnées bancaires. Le règlement se fait alors avec un simple mot de passe, sans communiquer le numéro de la carte de crédit. Les achats peuvent être réalisés à partir de n'importe quel ordinateur. A ce jour, plus d'une centaine d'entreprises ont déjà rallié Kleline, parmi lesquelles Les 3 Suisses, Dégriftour et Globe Online.


TITRE : INFORMATIQUES MAGAZINE - DATE DE PARUTION : Décembre 1996
Sécuriser les achats sur le Web

Les poids lourds du commerce et télécommunications lancent de nouveaux services sécurisés pour attirer les vendeurs et acheteurs en ligne.

Les fournisseurs de services bancaires et télécoms jouent la carte de la sécurité pour amorcer la pompe du commerce électronique sur l'Internet. Cette activité promet de générer selon les analystes 150 à 200 milliards de dollars en l'an 2000. Ainsi, Visa a lancé un service pilote de paiement sécurisé en Europe. D'ici à un an, il permettra d'effectuer et de recevoir des paiements via l'Internet avec les mêmes garanties de sécurité que les transactions traditionnelles grâce au protocole Secure Electronic Transaction (SET) mis au point avec Mastercard. En France, GlobeID, système de paiement sécurisé sur l'Internet de Kleline (filiale de la Compagnie bancaire et de LVMH), compte une trentaine de clients.

Services Web à but commercialSites Web"qui vendent"Sites Web

France 4000 500 100-200

Monde 250 000 l00000 20000-30000

Source: GM Consultants Associés (estimation du nombre de sites)

Côté opérateurs, France Télécom, qui s'enorgueillit de son dix millième abonné à Wanadoo et de son service d'accès à l'Internet, promet un service sécurisé fondé sur SET pour la fin de l'année. Aux Etats-Unis, AT&T s'engage, dans le cadre du lancement de son service Secure Buy, à rembourser soit l'acheteur si sa carte est utilisée frauduleusement, soit le vendeur si une commande n'est pas enregistrée... quel que soit le fournisseur d'accès Internet.

De tels services sécurisés suffiront-ils à attirer les masses de vendeurs et acheteurs à conclure leurs affaires via l'Internet? "Il ne faut pas s'attendre à ce que le commerce de détail soit révolutionné par le Web dans les cinq ans à venir" prévoit Daniel Kaplan, directeur associé de GM Consultants Associés et observateur avisé du phénomène Internet. Les sites Web "qui vendent" restent largement minoritaires comparés au nombre de pages d'accueil ou de galeries marchandes en ligne. Par ailleurs, la sécurité ne constitue pas le seul frein au décollage du commerce électronique. Parmi les autres obstacles, figurent le faible nombre de PC communicants, le coût élevé des télécommunications en Europe, sans compter la législation sur la cryptographie qui se fait attendre.